La dalle de Mévonne, Chablais.

La dalle de Mévonne, Chablais.

Cela faisait longtemps que j’avais envie d’aller voir cette face mythique du Chablais, à l’ombre jusqu’à 16h et à 1500m c’est l’endroit idéal pour grimper pendant la canicule. Les rares photos que l’on peut trouver sur internet montrent des grimpeurs dans une grande dalle mais pas vraiment de photos récentes et détaillés, ni de photos du paysage. C’est peut-être ce qui fait de cette face un endroit peu parcouru et c’est bien dommage.

Constat N°1 : Ce n’est pas une dalle, l’escalade est vraiment verticale et même légèrement déversante ! On est rarement à grimper complétement collé contre le rocher. Mais les jeunes grimpeurs actuels diront quand même que c’est de la bonne dallouse. L’escalade y est quand même principalement bien technique.

C'est quand même bien raide pour une dalle !

C’est quand même bien raide pour une dalle !

Constat N°2 : L’approche n’est pas si laborieuse que çà. Avec des chaussures de montagne et des bâtons on arrive sans trop de problème à l’attaque. Ensuite pour arriver au pied de la face proprement dite il faut remonter des dièdres, dalles et vires herbeuses qui ont été rééquipés en 2005 par des spits à compléter par quelques sangles sur arbres.

Constat N°3 : Même si les autres voies doivent être un peu lichéneuses, j’ai trop envie d’aller les essayer !! Quitte à prendre une brosse pour nettoyer toutes les prises…

Constat N°4 : Le 7a+ çà ne déroule pas à la dalle de Mévonne. Les cotations sont bien difficiles, pas facile à vue dans ces grands murs. Escalade bien technique et résistante. Mieux vaut avoir la marge dans ce style !

Une seule voie semble connue là-bas, Les ailes de la liberté, équipée du bas en 1991 ! C’est une valeur sûre. C’est donc notre objectif pour cette journée de canicule (25°C à l’ombre à 1000m) avec Mick, l’homme aux 500 grandes voies !

La voie en images :

L1 : 7b, 30m. Super rocher sur réglettes sculptées et adhérent. 3 sections difficiles et un peu morpho (gros blocages). La seule longueur que Mussato a revu à la hausse dans son topo, initialement 7a+, c’est rare et çà veut tout dire !

L1 : 7b

L1 : 7b

L2 : 7a+, 30m. Longueur soutenue et crescendo. Rocher ultra-sculpté, pas facile de trouver la meilleure prise parmi tous ces trous et réglettes ! Crux sous le relais sur rocher lisse, ne pas tenter de clipper le dernier spit, ce n’est vraiment pas facile.

L2 : 7a+

L2 : 7a+

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L2, 7a+ dans un mur dément !

L2, 7a+ dans un mur dément !

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L3 : 7a+, 15m. Très bloc au départ dans un rocher lisse puis traversée technique à droite pour finir par une section un peu physique.

L3, 7a+

L3, 7a+

L4 : 7a, 30m. La plus belle des longueurs ! Rocher super beau et adhérent à souhait avec une multitude de réglettes crochetantes. Escalade homogène, un régal !

L4, 7a trop beau

L4, 7a trop beau

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L4, 7a. Magnifique mur de réglettes !

L4, 7a. Magnifique mur de réglettes !

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L5 : 7c, 25m. Passage du bombé ultra-bloc et impossible à vue (petites réglettes lisses) mais qui peut se passer en A0 avec une pédale (ne pas partir à droite vers le spit mais traverser à gauche). Après le bombé on est largement récompensé par un super mur vertical avec de très belles prises crochetantes justes là où il faut.

L5, 7c et la fin magnifique en 7a qui déroule !

L5, 7c et la fin magnifique en 7a qui déroule !

L6 : 8a, 30m. Crescendo, on commence en 6b avec de grosses prises puis celles-ci deviennent de plus en plus petites et dans un rocher de plus en plus lisse.

L6, première partie en 7a

L6, première partie en 7a

On arrive alors dans un mur vertical lisse et un peu poussiéreux avec très peu de prises. Pas de repos avec des mouvements morpho sur micro-prises et pieds à plat… Equipé pour passer en A0 sans aucun problème.

L6, la fin en 8a...

L6, la fin en 8a…

Topo gratuit du Chablais ici : http://www.chablais-grimpe.com/commonphp/redirect_cgpdf_high.php

Quelques commentaires ici : http://www.chablais-grimpe.com/comments/all_read.php?f=0&IdVoie=ailes_de_la_liberte

Mes impressions : Super escalade principalement verticale sur réglettes crochetantes et sculptures ! Le cadre est magnifique, on est vraiment tranquille et l’approche sympa et pas si laborieuse que çà. C’est sûr, je reviendrai pour essayer une autre voie !!

Dolce Vita, 600m, 8a

Publié: 07/24/2012 dans Uncategorized
dolce_vita_croix_des_tetes_topo_gaetan_raymond

dolce_vita_croix_des_tetes_topo_gaetan_raymond

Hier avec Julien nous avons gravi Dolce Vita à la croix des têtes en Maurienne. Ayant déjà fait sa voisine de gauche l’année dernière (Happy birthday), je m’attendais donc à un style old school et soutenu sur un rocher bien adhérent. Nous partons tranquillement la veille pour bivouaquer au passage du pin brulé, bivouac 5 étoiles et des braises encore chaudes pour rallumer le feu !

Bivouac 5 étoiles au passage du pin brulé

Bivouac 5 étoiles au passage du pin brulé

Le lendemain matin, au lever du jour, nous ne trouvons pas les spits du départ en 5b. Heureusement le premier relais est accessible à pied par une ancienne voie. La première longueur en 6c+ est vite avalée, le moral est bon. J’ai gagné au tirage au sort pour partir en tête dans le 7c+ suivant. Pas trop échauffé je me demande bien si ça peut le faire à vue, j’avance bien, la difficulté est crescendo.

L2, 7c+

L2, 7c+

Un mouvement morpho aura raison de moi, je me repose un peu mais cela ne suffit pas à ce que je réussi ce pas de bloc. Pas grave, il y a encore 16 longueurs à faire, autant s’économiser ! La suite à l’air plus classique (7a+) dans un grand mur jaune vertical mais qui paraît lisse au milieu…

L3, 7a+

L3, 7a+

Un autre grand mouv’ sur micro-prises ! La suite déroule sur de bonnes prises dans un léger dévers, un régal. Finalement je n’ai pas vraiment eu de chance au tirage au sort, la longueur suivante est encore une dalle… 7b+ où il faut bien louvoyer et à la difficulté encore crescendo, je me suis battu jusqu’au bout, jusqu’au crux encore une fois, dommage.

L4, 7b+

L4, 7b+

La section est bien dure, micro-pieds et déchiffrage des méthodes pas facile à vue. Julien a finalement eu de la chance, il se tape toutes les longueurs verticales et légers dévers, après deux longueurs de transition L7 est un très beau mur en 7a+ parsemé de réglettes crochetantes, le top !

L7, 7a+

L7, 7a+

La longueur suivante est un 7b pas évident et pas vraiment majeur. La suite se complique nettement, le peu de passage depuis 20ans a laissé place à la mousse et au lichen qui reposent à présent dans les prises mais les quelques passages ont aussi cassé des prises (infos des équipeurs). Bref, on s’est battu même dans les 6a/6b initialement prévus dans le topo, nous qui pensions se reposer et délayer un peu c’était fichu…

une des 5 longueurs pas top du milieu, L10, 6b

une des 5 longueurs pas top du milieu, L10, 6b

On a même recoté le 7a+ et le 6c+ qui se suivent par un 8a et un 7b.

L11, 8a

L11, 8a

Heureusement, à partir de L14 on a droit à 3 longueurs en 6c de toutes beauté, le sourire est alors revenu ! Rocher gris adhérent, sculptures, gouttes d’eau, la totale !

L14, 6c

L14, 6c

Une longueur en 6b scabreu pour terminer et nous voilà au sommet après 13h d’effort sans relâchement, ouf !! Bien content d’être sorti, cette voie vaut le coup jusqu’à R8, je vous conseille de redescendre en rappel à ce moment-là. Si vous souhaitez continuer, ayez l’âme d’un montagnard et prenez la brosse métallique ! Vous ne serez en suite pas déçu par les 3 derniers 6c. Et à y réfléchir, une fois bien nettoyés, le 8a et le 7b pourraient être majeurs !

Bref, une voie à recommander tout de même pour sa première partie. Contrairement au topo, Dolce Vita dans son intégralité est 3 fois plus soutenu et moins jolie qu’Happy Birthday. Donc voici ci-dessous mon topo détaillé de la voie actualisé :

Acces : Vallée de la Maurienne, de Saint Martin la porte, prendre direction Charbutan. Se garer sur la gauche au parking des Planchettes dans un virage à droite (1361m).

Approche : Du parking des Planchettes (en contre-bas du parking, la traversée de la rivière peut s’avérer difficile en fonction des années, blocs et arbres en tout genre), comptez 1h30 à 2h pour aller au passage du pin brulé (bivouac magnifique conseillé), et ensuite 30min pour descendre la via ferrata (attention aux ancrages du câble qui ne sont pas fiables). 2h à 2h30 au total.

Histoire : Equipé du haut en juin 1990 par les équipes composées de M. Malvolti, F. Valet, D, C et J Gros et E. Aubert.

Infos : 600m, 8a max, 7b obligatoire. Exposition Sud-Ouest. Tous les relais sauf R0 sont sur chaines, descente en rappel dans la voie possible. Longueurs de 20 à 35m. 12 dégaines. Principalement en dalles, 5 longueurs lichéneuses (L9->L13) qui pourraient poser de gros soucis à ceux qui n’ont pas l’habitude de ce genre de rocher typé « montagne ». A l’ombre en jusqu’à 12h en Juillet et ensuite fort vents thermiques. Comptez environ 13h d’ascension.

Commentaires : L2, L3, L4, L7, L8, L14, L15 et L16 vraiment classes mais pas faciles. Escalade soutenue et pas évidente à vue. Depuis l’ouverture, plusieurs prises ont cassé et la mousse et le lichen ont poussé, les cotations sont donc maintenant différentes du topo original. Par contre les 5 longueurs lichéneuses (L9->L13) gâchent vraiment cette voie, elles ne sont pas du tout plaisantes et ça peut même devenir galère de progresser à cause de tout ce lichen, mousse, herbe et terre… Mieux vaut avoir l’habitude de ce terrain, sinon je conseille de descendre en rappel à partir de R8, les premières longueurs valent à elles seule le coup, en plus vous aurez le temps de travailler celles qui n’auraient pas été enchainées à vue. Mais si vous décidez de continuer vous ne serez pas déçu de l’effort fourni : L14, L15 et L16 sont démentes ! En tout cas cette voie est beaucoup plus soutenue qu’ »Happy Birthday » et nécessite une bonne pratique des voies typés « montagne » pour venir à bout des 5 longueurs du milieu.

Description des longueurs :

L0 : Attaque par la voie 1967, rampe herbeuse facile et non équipée vers la gauche, R0 sur une petite vire avec deux spits. Pas vu de spits au petit matin pour le départ direct. Départ conseillé.

L1 : 6c+, dalle lichéneuse jusqu’à un relais sur chaine (continuer), puis mur vertical sur bonnes réglette et traversée à droite dans le bombé en rocher gris.

L2 : 7c+, grand mur gris en dalle, difficulté progressive jusqu’à un grand mouvement.

L3 : 7a+, grand mur jaune vertical, bonnes prises en général, crux morpho au milieu de la longueur.

L4 : 7b+, louvoyer entre les spits, difficulté progressive jusqu’à une section soutenue dans un bombé avec des petites prises de pieds (au niveau d’un spit avec un gros maillon rouillé). La cerise sur le gâteau avant le relais : un jeté un peu psyco avec une écaille en inversée et pieds à plat !

L5 : 6b, pas commode, vire herbeuse à passer puis grand mur en dalle.

L6 : 6a+, petite longueur jolie.

L7 : 7a+, belle dalle facile puis mur vertical majeur sur petites réglettes et très beaux mouvement.

L8 : 7b, fil de pilier entre dalle et dévers. Un mouvement morpho en déséquilibre suivi de sections pas faciles.

L9 : 5c, pas commode dans l’herbe, la terre et le lichen.

L10 : 6b, traversée ascendante à gauche pas évidente puis fissure herbeuse et lichéneuse pas commode. Attention à la sortie exposée, rocher mauvais, lichen et touffes d’herbes.

L11 : 8a, Très lichéneux et du coup pas facile à grimper, une section très bloc dans un mur raide puis soutenu sur micro-prises. Sortie en léger dévers sur belles réglettes et bonnes prises. Relais suspendu.

L12 : 7b, très beau départ soutenu sur petites réglettes, pas évident à vue, la suite n’est pas plus facile. Sortie pas commode sur du lichen, prudence.

L13 : 6b+, lichéneux et pas commode sortie herbeuse.

L14 : 6c, grande dalle majeure en rocher gris sculptée et sans lichen !

L15 : 6c, bonnes prises puis une section en dalles sur belles réglettes.

L16 : 6c, traversé à gauche en dalle pas évidente mais très jolie. Au niveau du dernier spit de la traversé, continuer à traverser à l’horizontale pour rejoindre « Happy Birthday ». Retraverser à droite avec une fissure en inversée, ne pas clipper les deux points de cette voie (tirage sinon), ce n’est pas très difficile. Continuer à traverser à droite en quittant cette fissure pour rejoindre le spit de la voie qui est complètement à l’horizontal à droite. Traversées impressionnantes mais pas difficiles et dans du rocher adhérent et prisu.

L17 : 6b, rocher douteux, vielle corde en haut, pas commode.

Sortie et descente : de R17, passer à gauche sur l’arrête (deux spits du relais d’HB) puis redescendre derrière pour remonter un petit goulet jusqu’au bloc coincé qu’on contourne pas la gauche pour ensuite rejoindre un relais sur deux spits reliés pas une corde blanche (on voit ce relais de l’arrête). Ensuite, rejoindre le col et descendre en traversant la dalle d’ardoise (un spit au milieu pour ceux qui sont pas à l’aise) puis un grand goulet caillouteux, une traversée (deux spits) et encore un grand goulet pour rejoindre le passage du pin brulé. Du sommet, comptez 1h30 à 2h jusqu’au parking.

Comme tout le monde on profite du grand créneau de beau temps pour aller un peu en montagne.

Donc direction face Sud de la Meije pour grimper au soleil !

La Meije au fond du vallon de l'Etançons

La Meije au fond du vallon de l’Etançons

Avec Pierrot on remonte l’interminable vallée de l’Etançons mais avec en ligne de mire la face sud il y a pire !

3 longues heures pour remonter ce vallon

3 longues heures pour remonter ce vallon

Au refuge du Promontoire on fait la surprise à Sophie qui est en stage là-haut pour le mois de Juillet.

Le refuge est blindé, pas de doute, tout le monde est là avec ce beau temps ! Du coup on dort tranquille dehors sur les matelas et avec les couvertures du refuge, trop bien. Je n’ai jamais aussi bien dormis en refuge !

On a choisi de faire la voie du dossier du fauteuil pour son caractère « Montagne ». 800m, ED-, 6b max. Prévoir un jeu complet de friends jusqu’au 2, cablés pas forcément utiles. On ne se sert que de quelques friends par longueur (voir minimum deux par longueur car pas facile à protéger…) mais il faut avoir le choix. Pas autant équipé en pitons comme indiqué dans le topo Cambon.

Face Sud de la Meije (18/07/2012)

Face Sud de la Meije (18/07/2012)

On ne sera pas déçu du voyage, cette voie est engagé (pas facile de rajouter des protections dans les longueurs en V+) et pas évidente à trouver l’itinéraire (quelques pitons et plaquettes de relais à ne pas louper).  Psychologiquement fatiguant car j’ai tout fait en tête, mon collègue étant plus habitué à serrer des piolets il n’a pas osé s’engager vers l’inconnu.

La première partie est un peu longue (et pas super jolie) pour rejoindre le premier 6a (L4) classe sur un rocher compact (ne pas louper le piton à gauche au départ du relais), le 6b (L5) suivant est dément avec une très bonne fissure/écaille à remonter et une belle section physique en fissure surplombante ! Malheureusement pas de photos de cette longueur à cause de la batterie de notre appareil photo… L6 en 5+ est un bijou de belles bossettes, çà engage après le piton qui est 10m au-dessus du relais (un petit friend pour 30m…).

L6

L6

Le topo sur Camptocamp résume très bien la voie à part L7/L8/L9. L7 : 5+ où il faut partir tout droit dans le bombé (un piton) puis dalle à gauche vers la plaquette du relais + camalot N°1 à garder jusqu’en haut.

Mon ami Pierrot devant L7

Mon ami Pierrot devant L7

L8 : 6b, fissure dièdre à gauche (deux pitons) puis traversée à droite pour passer un dièdre/fissure surplombant (piton) par un mouvement un peu morpho. On arrive au glacier carré par une dernière longueur dans un grand dièdre en 4 vraiment sympa (L9).

L8

L8

La suite est du même genre, il faut ne pas se relâcher.

La partie supérieur au-dessus du glacier carré

La partie supérieur au-dessus du glacier carré

La descente en rappel est sans soucis, tous les relais sont dans l’axe et faciles à voir. Par contre la traversée du fauteuil est vraiment exposée, car la descente par les rappels de la première partie de la chevauchée des Vacheskirippes est vraiment exposée à un goulet où il y a carrément des avalanches de pierres. Le mieux (mais exposés au chutes de grosses pierres qui viennent du glacier carré) est de rejoindre les deux rappels à droite de la première partie de la Pierre Alain, à partir de là on est un peu protégé des bombes…

Gaetan bien content de redescendre

Gaetan bien content de redescendre

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après

après

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Voici que depuis début Juin la saison de grimpe à Céüse est lancée. Même si le magnifique mois de Mars a permis à plusieurs de recommencer à grimper après cet hiver bien fourni en neige, c’est après deux mois de mousson que l’on peut reprendre sérieusement la varappe à mains nues.

Céüse

Céüse

Chaque été c’est la cohue, une multitude d’étrangers viennent grimper sur la plus belle falaise du monde mais pas que des étrangers, c’est aussi un peu la banlieue Grenobloise.

Céüse, la banlieue Grenobloise !

Céüse, la banlieue Grenobloise !

On aime bien cette falaise mais quand on a l’habitude d’être tout seul le reste de l’année c’est un peu fatiguant d’avoir tout ce monde.

Un jour normal à demi-lune, quand je vous disais qu'il y a du monde l'été !

Un jour normal à demi-lune, quand je vous disais qu’il y a du monde l’été !

Du coup, avant 2009, on migrait l’été au secteur « Un pont sur l’infini » qui propose de belles envolées de 50m dans des murs verticaux magiques dans le niveau 6 et 7. Il y a aussi le secteur des « Maîtres du monde » avec ces voies plus déversantes et plus difficiles. Ces secteurs ont finalement leur succès actuellement avec de plus en plus de monde cherchant la nouveauté et la tranquillité (plus maintenant). Pourquoi « avant 2009 » me diriez-vous ? Et bien parce que depuis 2009, les équipeurs (principalement Laurent G. et Jean-Yves L.) veulent aussi leur part de nouveauté et de tranquillité. Ils ont donc franchit le cap de l’autre côté des « Maîtres du monde », limite que personne n’osait passer auparavant…

Le secteur des Maîtres du monde, il faut passer cette limite pour avoir le privilège des nouvelles voies et de la tranquillité !

Le secteur des Maîtres du monde, il faut passer cette limite pour avoir le privilège des nouvelles voies et de la tranquillité !

Depuis, une quarantaine de voies ont vu le jour à la grande face, rocher neuf, corde de 80m minimum obligatoire, premier secteur passant à l’ombre, autant de bonnes excuses pour y aller ! C’est un réel bonheur de grimper au calme sur un rocher neuf, on s’imagine alors vraiment quelle classe cela devait être de grimper à « demi-lune » et à « Berlin » dans les années 90.

La fameuse ligne d'Immense et bleu, rien à envier aux autres secteurs !

La fameuse ligne d’Immense et bleu, rien à envier aux autres secteurs !

Depuis l’année dernière ces nouvelles voies ne sont plus un secret, les grimpeurs en quête de nouveauté connaissent déjà bien la grande face. Même si il n’y a pas beaucoup de voies en 6 (une trentaine toutefois, principalement dans le 6b/6c) et en 8 (une petite dizaine), la grande face c’est le paradis pour les grimpeurs évoluant dans le 7 (une quarantaine), toutes les nouvelles voies font entre 40 et 50m et je dirais même que c’est mon secteur préféré pour la qualité des voies ! Donc au total c’est 80 voies inoubliables qui vous attendent.

Le secteur de la grande face à Céüse

Le secteur de la grande face à Céüse

Le nouveau topo « intermédiaire » de Céüse propose une mise à jours partielle de la Falaise en attendant un nouveau topo conséquent de La Falaise…
Pourquoi un topo partiel ? pour éviter les piratages et autres publications ….
Le prix 9 euros ne vous fera pas hésiter même si il n’est pas complet complet… mais plus juste que certaines photocopies qui trainent au pied en ce moment…
🙂 🙂 🙂

Mise à jour partielle 2012 du topo de Céüse, en vente à Vertige Gap, Camping les Guerins ou à l'hotel/restaurant/bar Muret à Sigoyer pour 9 euros seulement !

Mise à jour partielle 2012 du topo de Céüse, en vente à Vertige Gap, Camping les Guerins ou à l’hotel/restaurant/bar Muret à Sigoyer pour 9 euros seulement !

Quelques rappels tout de même en lien avec la sur-fréquentation estivale de la falaise :
Camping interdit au col des Guerins, prendre soins de la fontaine à ce col (pas de vaisselle ni de lessive, ni de bain).
Camping aussi interdit aux blocs de Céüsette, surtout pas de feu là-bas.
A la falaise ainsi que sur votre le lieu de couchage, veillez à ne pas laisser de déchets et à faire vos besoins le plus loin possible.

Bonne grimpe à Céüse !!

On peut dire que cette saison aura été vraiment épique, tout d’abord il y a eu zéro glace en Décembre et jusqu’à mi-janvier. Puis les températures sont revenues à la normale jusqu’à début février. Ensuite il y a eu deux à trois semaines de grand froid en basse altitude (du jamais vu !).

Un vieux rêve qui a été réalisé !

Un vieux rêve qui a été réalisé !

Cela faisait au moins 10 ans que ça n’était pas arrivé, des cascades rarement gelées et grimpable ont été gravies :

–          Les Moulins marquis dans le Vercors a été attaquée de toutes part.
–          La cascade de l’Oule (Funiculaire) à Saint Hilaire du Touvet (Chartreuse) a été gravie pour la première fois dans son intégralité.
–          La Muse (Dent de Crolles) a été répétée.
–          La cascade de la croix des têtes (Maurienne) qui est au soleil l’après-midi a subit les assaults des locaux et chasseurs de cascades éphémères.
–          La cascade de Saint Benoit (Maurienne) a bien voulu geler cette année pour permettre aux locaux une première ascension.
–          La cascade Coup de blues (Crévoux, Hautes-Alpes) a été gravie.
+ de nombreuses répétitions et premières en basse altitude qui ont eu le mérite d’être grimpées !!

Il manque de la glace pour passer mais maintenant que l'on fait du dry ce n'est plus un problème !

Il manque de la glace pour passer mais maintenant que l'on fait du dry ce n'est plus un problème !

Maintenant on a l’impression que le rocher ne rebute plus personne. « Pas assez de glace pour passer ? Pas grave, on passe en dry !! » Peut-être que la pratique du dry-tooling y est pour quelque chose ?

Cet hiver j’ai eu le plaisir de tester les prochaines chaussures de cascade de glace de la marque Asolo. Le modèle Eiger GV est très réussi et a aussi été tester par d’excellents grimpeurs.

Les données techniques :

–          Partie supérieure en polyester, en cuir et néoprène => protection et chaleur
–          Une guêtre intégrée en Lycra et neoprène => stretch et chaleur
–          Doublure en Gore-Tex Duratherm ® => chaleur et respirabilité
–          Zip imperméable couvrant le système de laçage => protection et durabilité
–          Inser en double densité PU sur le talon => très bonne absorption des chocs
–          Semelle Vibram ® Mulaz => excellent grip, auto-nettoyant
–          Asoframe, une strucuture en carbone/kevlar solide => indestructible, indéformable
–          1600 grammes la paire en taille 8 UK

Mes impressions :

–          Très légère
–          Forme : idéale pour la grimpe technique, pointe fine et chaussure étroite
–          Intérieur : très confort et dimensions parfaites ! très bon compromis entre la légèreté et le poids. excellente tenue de la cheville (très important en glace raide et dry/mixte)
–          Semelle : très bon grip sur le rocher
–          Aucun problème pour marcher des heures

Bref, une chaussure tip-top à recommander absolument !! Sortie prévue pour l’hiver 2012/2013.
Ci-dessous les Eiger GV en action !

 

 

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Voilà deux jolies cascades bien humides, certes aux alentours des 1000m d’altitude il fait rarement froid mais on voit bien que l’atmosphère générale se réchauffe… Normal, on est fin février et l’isotherme 0°C semble en journée se maintenir déjà à 3000m !

Ilynx, 120m, WI6, 23/02/2012

ilynx, 120m, WI 6

ilynx, 120m, WI 6

Avec Benjamin Guigonnet on va voir la Dame du lac mais celle-ci coule pas mal et semble fragile à la base du premier tube.

dame du lac, le 23/02/2012

dame du lac, le 23/02/2012

Du coup on fera sa voisine de gauche, ILynx, 4 longueurs verticales de 30m en 5+ dans de la glace parfaite et bien crochetante avec quelques passages bien humides.

L2

L2

C’est une ligne très esthétique avec vue sur la dame !

L3

L3

Au passage on remarquera une super ligne de mixte en rive droite de la dernière longueur, il faudra revenir avec les coinceurs !!

mixte

mixte

La Bronsonnière, 100m, WI6, 24/02/2012
Avec Alexandre Girbal, notre photographe de « La Muse« , on est allé en Maurienne au secteur d’Orelle. Cette cascade a le double avantage de ne pas être trop loin de Chambéry comparativement aux cascades de Bessans et d’avoir 5min de marche d’approche. Composé de deux ressauts de 50m séparé par un ruisseau sur 200m, cette cascade vaut le détour. La deuxième partie du premier ressaut est bien raide dans un mur assez large mais dans de la glace moyenne (vaisselle et eau qui coule dessus) pas facile à protéger et qui n’offre que peu d’ancrages fiables.

L1

L1

Le deuxième ressaut est plus soutenu avec une première partie assez raide (et qui coulait bien fort) pour rejoindre le bloc coincé.

2ème ressaut

2ème ressaut

Et comme il faut toujours avoir un perfo dans le sac, j’ai rajouté deux beaux spits de 12mm en inox reliés par une corde rouge pour faire un relais facultatif avant d’attaquer le crux.

La B.A. de l'hiver : remplacement d'une vielle cheville de 8mm par un spit de 12mm Inox

La B.A. de l'hiver : remplacement d'une vielle cheville de 8mm par un spit de 12mm Inox

Le passage du bloc coincé est très aérien, un piton puis une vielle cheville (que j’ai remplacé par un spit 12mm inox) permettent de sécuriser le passage difficile à protéger. En rive droite du sommet, un relais sur deux spits de 12mm inox avec corde rouge permet désormais de descendre avec un rappel de 50m. J’ai fait ma bonne action de l’année en cascade.

Pour se finir les bras on terminera la journée par un beau mur vertical dont je vous laisse apprécié les belles photos d’Alexandre © :

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vive la glace !

vive la glace !

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bibi aussi

bibi aussi

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Tout le monde le sait, le Briançonnais c’est la Mecque des Alpes. En été il y a de multiples et majeures montagnes, falaises, grandes voies, sentier pour VTT et trail, rivières pour kayak… En hiver il y a de multiples et majeures montagnes, cascades de glace, pentes de neige… Bref, c’est la base !

notre objectif initial, on voit bien les 10m de glace qu'il manque...

notre objectif initial, on voit bien les 10m de glace qu'il manque...

Du coup, comme tout se passe là-bas, je ne manque jamais à mon séjour bi-annuel, en été pour la grimpe, VTT et trail et en hiver pour la cascade de glace. Et en voyant tout ce qu’a fait Jonathan Joly précédemment je ne pouvais pas refuser son invitation. Ce n’était pas le grand froid du début Février mais la glace à l’ombre est encore là. Comme le bougre a déjà bien écumé les vallées du coin il nous fallait tenter quelque chose. Sur le topo, les lignes à droite de « Juste une illusion » à Gramusat (Fressinières) semblent fort intéressantes, un peu de glace puis du rocher pour rejoindre un beau mur de stalactites. Mais cette année n’est pas une année à résurgence, le froid trop vif et brutal a empêché celles-ci de se former.

Jon pas très confiant à l'approche de ce mauvais plaquage improtégeable...

Jon pas très confiant à l'approche de ce mauvais plaquage improtégeable...

Du coup, impossible de rejoindre le mur convoité, les résurgences inexistantes laissent place à du mauvais rocher improtégeable. On voulait faire « Sous le soleil de Satan » en départ direct, du coup on a simplement fait la partie supérieur en commençant par « L’ensemble de Mandelbrot » désormais classique avec ses deux longueurs en dry « New generation« . Il suffit de traverser 60m à gauche afin de rejoindre les deux dernières longueurs de « Sous le soleil de Satan« . La première longueur offre un beau passage sur plaquages raides permettant de rejoindre la base du mur où pend une énorme stalactite. A partir de là c’est un peu de mixte sur 10m (piton) avec deux beaux rétablissements sur plaquages et passages sur rocher avec juste ce qu’il faut comme petit crochetage pour les piolets et crampons.

Beau passage de mixte pas évidenta

Beau passage de mixte pas évidenta

Ensuite on traverse sur 6m sur une vire terreuse étroite où l’on a uniquement la place pour planter les piolets, les pieds restant dessous dans le vertical. Il faut bien taper dans la terre gelée pour faire ses ancrages, les protections sont difficiles à mettre en place et peu fiables, c’est expo      sé, mieux vaut ne pas tomber.

la traversée de "sous le soleil de satan"

la traversée de "sous le soleil de satan"

Mais cette traversé permet de rejoindre la stalactite que l’on remonte sur 10m bien verticaux pour rejoindre le sommet de celle-ci. Compte-rendu de cette sortie sur le blog de Jon : http://jonathan-joly.blogspot.com/2012/02/sous-le-soleil-de-satan.html

Vidéo ici :

Le lendemain on se dirige vers les gorges de la Biaysse (gorge avant Champcella en montant à Fressinières) pour aller voir la ligne de dry/mixte « Sagagnass sound system » de Diego. Les vidéos de sont ascension ici et nous font rêver depuis deux ans.

La gorge de la Biaysse

La gorge de la Biaysse

Commencer par des belles colonnes de glace puis un grand dévers en dry pour rejoindre une immense draperie nous motive à fond ! Sauf que cette année, comme ce n’est pas une année à résurgence, et bien là les colonnes du départ ressemblent plutôt à de maigres stalactites et la draperie sommitale est inexistante… Du coup, le départ se fait quand même mais il nous est impossible de grimper la fin (des photos ici pour vous rendre compte de la différence en termes de quantités de glace lors de l’enchainement en 2010 par Diego).

Jon dans L1

Jon dans L1

Ce n’est pas grave, la première longueur est quand même bien sympa et il nous reste quand même le grand dévers en dry à faire !

Gaetan dans L2, début

Gaetan dans L2, début

Ce dévers est tout poussiéreux dans de multiples concrétions et crépis, donc difficile de grimper à vue et je n’ai pas la motivation de rester une heure à chercher les micros-trous. Jeff l’avait fait à vue, je n’ai pas eu sa patience, surtout que toutes les traces et marques de passages avaient disparu… Donc je fais une montée de repérage et enchaine ensuite sans soucis jusqu’à la fin de l’hypothétique dry.

Gaetan dans L2, au milieu

Gaetan dans L2, au milieu

Cette partie en dry n’est pas difficile après-travail, je propose un D9 (cotation Usine), pas de mouvements loin ni de prises techniques, c’est assez basique et seul les petites prises de pieds pourraient poser problème. Il est clair que ma pratique du dry à l’Usine est un sérieux avantage pour ce style de voie. Par contre à vue sans marque c’est une autre histoire…

Gaetan dans L2, à la fin du dry

Gaetan dans L2, à la fin du dry

Cette voie d’envergure est de toute beauté dans un cadre assez classe, c’est sûr, je reviendrais quand il y aura plus de glace !! Merci à Jon pour son accueil (ici son CR sur Sagagnass sound systeme et sa vidéo ici :).

Cette cascade faisait parti de mes projets, non pas pour la glace car je l’avais déjà faite deux fois mais pour le dévers en rocher tout en haut ! Elle fait partie de mon top 5.
Topo à télécharger ici : http://gaetan.raymond.free.fr/topo_cascade/le_saut_de_la_truite_vercors_topo_gaetan_raymond.pdf

Le saut de la truite, Vercors, 16/02/2012

Le saut de la truite, Vercors, 16/02/2012

Du parking on n’en voit qu’une petite partie mais cela laisse suffisamment entrevoir sa beauté.  3 grands ressauts bien raides dans une ambiance unique. En plus il y a régulièrement des très bonnes vires pour faire des relais tout confort à l’abri des missiles qui pendent au sommet.

Les missiles

Les missiles

Cependant, prenez garde au soleil qui réchauffe les stalactites du haut car ils prennent le soleil et sont énormes et très fragiles (ne pas stationner sur les pentes qui entrecoupent cet itinéraire). Le vent qu’il règne là-haut leur donnent une forme très particulière ! Mais celles-ci sont bien gardés par un dévers en rocher compact.

Le projet !

Le projet !

C’était le but de notre sortie accompagné de Benjamin Ribeyre et Manu Crespeau. Affublé de mon fidèle perfo et quelques spits de 10mm (rocher compacte oblige) j’étais fin prêt à en découdre avec ce dévers pour aller tâter ces fameuses stalactites ! La météo de cette journée était Ecossaise, 90% d’humidité, vent fort, neige collée avec 2°C. Bref, on fait l’approche à l’aveugle et même au pied de la cascade on ne voit pas grand-chose, ambiance !

Tout est platré

Tout est platré

On se prépare et au moment d’attaquer la glace, je lève la tête et cris : « Zut ! c’est pas formé ! », grosse rigolade entre nous, pas de glace dans L2, les boulets ! Ce n’était pas du tout le but de la journée mais comme j’avais le perfo on n’allait pas s’arrêter là.

L1 et L2 le 16/02/2012

L1 et L2 le 16/02/2012

Du coup, je pose 6 spits dans le petit dévers entre les deux grosses stalactites qui touchent généralement ! C’est génial, il y a juste les prises naturelles qu’il faut, D7 sur 10m pour 2m d’avancée afin de rejoindre la glace.

Equipement de L2 en dry

Equipement de L2 en dry

La suite est complètement formée avec une glace parfaite et une pure dernière longueur !!

L5

L5

Malheureusement je manque alors de spits pour pouvoir entièrement équiper le dévers final et le vent nous gifle avec les gouttes provenant des stalactites sommitales. Pour le dernier relais j’ai quand même posé deux spits reliés par une cordelette bleu sous un petit toit pour assurer confortablement debout plutôt que couché par terre… Le dévers et ses stalactites mythiques seront donc pour une prochaine fois, au moins je me suis fait les bras en grimpant avec le perfo dans le sac.

Les missiles

Les missiles

Conclusion, un perfo dans le sac çà peut toujours servir. Le rocher est une valeur sure, surtout avec le réchauffement climatique !

L2 en dry

L2 en dry

NB : Si vous voulez vraiment faire une longueur d’anthologie, si le cigare de L2 est formé,  je vous conseille de faire un premier relais juste après 20m de grimpe pour L1, ne pas monter sur la grande vire 10m au-dessus. Vous aurez  alors droit à une longueur de 60m dont 50 en grade 6 si vous passer droit dré dans l’pentu !

La Muse, Dent de Crolles, 15/02/2012

La Muse, Dent de Crolles, 15/02/2012

6 ans de convoitises pour cette cascade tant rêvée ! C’est une cascade qui me tenait à cœur car situé au-dessus de mon village natal, Crolles. Chaque année on voit bien la ligne mais sont exposition sud fait qu’elle est rarement grimpable et nécessite en plus pas mal de glace pour la deuxième longueur. Je me repassais en boucle la vidéo de l’ouverture par Stéphane Husson et Daniel Dulac en février 2005. Cette Muse me hantait chaque hiver.

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Et bien mercredi dernier, avec mon acolyte Benjamin Guigonnet, spécialiste des structures fragile bien raides et mon reporter photographe (Alexandre Gribal) nous avons démystifié cette Muse !!!

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Une première longueur dans un bon dévers sur des bacs jetables nous laisse penser que celle-ci n’a pas été répété souvent, pas facile donc de faire à vue. Heureusement que nous avons de la pratique dans ce genre d’inclinaison, merci l’Usine ! Je rajoute un piton au début car la résurgence n’a pas gelé pour nous amener au premier spit à 5m de haut dans le toit. Ensuite, quelques mouvements physiques dans le toit sur 6 m permettent de rejoindre la glace qui était pour le coup bien haute ! Les derniers mouvements nécessitent une bonne croyance  dans la tenue des cailloux par le gel… La suite est encore raide dans la glace sur 6m puis une pente vous amène au pied du pilier de la deuxième longueur. L1, M8, WI 5+, 50m.

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

La deuxième longueur consiste donc à remonter ce beau pilier raide puis des passages de grosses méduses déversantes, la glace est parfaite ce jour-là mais il faut faire du nettoyage, ce qui amuse Benjamin en nous envoyant des frigos par-dessus la tête ! L2, WI 6, 30m.

Benjamin Guigonnet dans L2, WI 6, 30m

Benjamin Guigonnet dans L2, WI 6, 30m

La troisième longueur est un grand mur raide, glace bien sculptée et sorbet, la grande classe, attention toutefois à la sortie toute creuse et au rétablissement dans la terre. Une longueur de toute beauté. L3, WI 6, 40m.

Benjamin Guigonnet dans L3, WI 6, 40m

Benjamin Guigonnet dans L3, WI 6, 40m

Encore merci à Alex pour avoir pris la peine de faire ces photos et à Ben d’avoir partagé avec moi la réalisation de ce rêve, la saison de glace pourrait s’achever maintenant sans regret.

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Gaetan RAYMOND, L1, M8, WI 5+, 50m

Cascade des moulins marquis, Vercors le 13 février 2012

Cascade des moulins marquis, Vercors le 13 février 2012

Des années que j’attendais çà, chaque année la même question : vas-t’il faire assez froid pour geler autant d’eau sur 380m et une eau sortant d’un réseau à 8°C ? En plus, les commentaires du topo font peur « risque d’effondrement », « demande une grande expérience et un excellent moral »… Mais on peut compter sur nos amis guides du Vercors pour tester et nous tenir au courant de conditions dans leur pays. Les conditions étaient là, il ne fallait pas les rater ! Donc le lundi 13 février 2012 nous filons avec Dèg, Ben Ribeyre et Ben Guigonnet, une bonne équipe !

la fine équipe après la croix de la décénie pour nous !

la fine équipe après la croix de la décénie pour nous !

Nous rejoignons rapidement une autre cordée parti à la frontale et avec le matos d’époque. A trois cordées de front dans cette cascade çà passe, çà vous laisse imaginer la largeur de celle-ci…

 

Ben G à R2 avec un beau mur bien haut et bien large !!

Ben G à R2 avec un beau mur bien haut et bien large !!

Après trois très grandes longueurs en grade 5 maxi, on arrive à un grand mur (60m encore) avec plusieurs passages raides, notamment de grosses méduses à passer puis un tube bien raide, c’est la longueur clé de cette cascade ! Trop top !! Ben G. et Dèg envoient du gros.

 

L4, le crux, passages de méduses et tubes !!

L4, le crux, passages de méduses et tubes !!

Ensuite, encore une belle longueur de 60m en grade 5 maxi puis 20m de ressaut raide pour arriver à une terrasse avec une belle cascade qui crache ! 50m de 4+ au bord de celle-ci et on arrive au sentier qui monte vers la source. Une belle envolée ! Allez-y, elle ne va pas rester longtemps.

 

Encore quelques mur bien raides pour finir, Gaetan.

Encore quelques mur bien raides pour finir, Gaetan.

Donc c’est avec un grand bonheur que nous sommes sortis de cette cascade mythique. Car celle-ci nous la connaissons bien, l’été en grimpant sur les falaises de Presles (triangle de choranche et paroi rouge) ou en descente en cannyoning. Çà fait vraiment plaisir, et en plus nous avons passé un super moment entre potes, la base quoi !!

 

Ben R. et Dèg à la sortie avec le sourire !

Ben R. et Dèg à la sortie avec le sourire !

Infos : pour l’accès, passer derrière la centrale à gauche puis suivre une piste à droite qui mène directement au pied de la cascade. Un sentier en face, rive gauche, permet aussi d’y accéder mais est plus long. Passer le plus à gauche de la cascade pour éviter les effondrements en cas de dégel… Nous n’avons pas fait la longueur en grade 6 tout à droite car la sortie du tube ne nous semblait pas vraiment épaisse… La cascade ne prend pas actuellement le soleil mais mieux vaut partir tôt pour éviter le réchauffement ! Nous sommes passés au plus raide à chaque fois (grade 6), mais en louvoyant on peut aisément passer en grade 4+ maxi.